وثيقة ARC-TD-DOC-000002

مذكرة 25 أكتوبر 1951 إلى حاكم تشاد بشأن الكلية الفرنسية الإسلامية بأبشة

Note du 25 octobre 1951 au Gouverneur du Tchad relative au collège franco-musulman d’Abéché

وصف المادة

التاريخ
25 أكتوبر 1951 مؤكد
المكان
أبشة مؤكد
اللغة
fr
المرجع الأرشيفي
GG AEF 5D 269
مذكرة إدارية إلى حاكم تشاد تتناول ترتيبات الكلية الفرنسية الإسلامية في أبشة بعد قرار إلحاقها بمكتب الشؤون الإسلامية. (النص منشور لدى جامعة بواتييه؛ الأصل: ANOM، إيكس).

التفريغ النصي

النص المصحح يدويًا

Je vous ai déjà annoncé l’arrivée prochaine à Fort-Lamy de M. BINON, qui assurera auprès de vous la direction de l’enseignement du Tchad. M. Binon est actuellement à Brazzaville et je n’ai pas manqué de faire avec lui le tour des problèmes qui l’attendent ; nous avons notamment évoqué la question de l’enseignement en pays islamisés et plus spécialement celle du collège franco-arabe musulman d’Abeche. Je tiens tout d’abord à ce que ce nouveau Chef de service prenne la responsabilité de cet établissement ; ses fonctions antérieures et sa formation le qualifient tout à fait pour diriger M. de Miras. Il va sans dire qu’il devra garder le contact le plus étroit avec vos conseillers en matière musulmane et que sur place le Chef de la région du Ouaddai exercera la tutelle règlementaire. Je vous prie d’ailleurs vous-même, de suivre toujours de très près cette question et de me tenir étroitement informé. Je désire en effet par-dessus tout que notre action culturelle à Abeche s’intègre dans la politique générale que nous entendons suivre dans l’est tchadien et la conjoncture internationale vient de rendre particulièrement sensible cette portion de notre territoire ; tel geste maladroit peut avoir maintenant des répercussions mondiales, il est donc indispensable que notre action concertée s’appuie sur une doctrine elle-même solidement assise sur des faits. * * * Nous avons constaté dans le nord et le nord-est du Tchad la solidité toujours actuelle des institutions sociales établies antérieurement à notre conquête. Partout où sciemment ou inconsciemment nous les avons battues en brèche, elles ont pu se mettre apparemment en sommeil jusqu’à l’avènement d’un détenteur ou d’un titulaire plus vigoureux. Aussi, faut-il se garder de prononcer sur elles un jugement de valeur qui ne serait basé que sur la personnalité de tel ou tel Chef. Par ailleurs, nous relevons avec amertume la réticence des populations islamisées à assimiler notre culture et nos écoles sont presque vides, alors que dans tous les villages et dans tous les campements, avant l’aube, retentit le monotone bourdonnement des récitants de l’école coranique. C’est ainsi qu’est apparue la nécessité d’introduire l’enseignement du Coran et de l’arabe dans nos écoles primaires pour y attirer la clientèle scolaire de base ; c’est ainsi également qu’est née l’idée d’un enseignement supérieur de même nature successivement baptisé : Médersa d’Abéché, école franco-musulmane, collège franco-musulman. La diversité de ces appellations est un signe de la confusion des idées à ce sujet ; les lenteurs et les erreurs commises sont, elles aussi, un test de la complexité de l’imbrication des problèmes à résoudre. Le seul poste positif que nous ayons pour l’instant à écrire à notre bilan est la présence à Abeche de M. de Miras, les contacts qu’il a pu nouer sur place et la bonne opinion qu’il a pu donner de lui à la population. Je reste donc persuadé que la réussite de son entreprise demeure subordonnée à la confiance que nous inspirerons aux cadres traditionnels de la société tchadienne, dans notre bonne volonté et dans la preuve de notre loyauté. Notre désir est d’abord de mettre à leur portée dans le territoire un enseignement musulman de qualité qui s’inscrive dans le cadre de leurs croyances et c’est la raison profonde pour laquelle l’expédient OULECH s’est avéré irréalisable et dangereux. Ce point est acquis et vous voudrez bien le confirmer aux chefs de région et à M. de Miras, comme je l’ai indiqué à M. Binon. Oulech, sur les agissements duquel je vous demande de me renseigner, ne doit en aucune manière participer à notre enseignement officiel ; quant à son enseignement privé il est à contrebattre et, si possible, à interdire et l’idée envisagée par M. de Miras de recruter ses élèves au collège franco-musulman doit passer tout à fait à l’arrière plan. * * * Nous avons le désir de donner aux populations islamisées du nord de la fédération un enseignement musulman digne d’elles et capable peut-être de neutraliser l’attraction trop rapidement grandissante qu’El Azhar exerce sur elles actuellement. Ce désir ne doit pas nous faire perdre de vue que notre détermination finale est de les ouvrir par le truchement de la langue française, à la culture moderne et aux préceptes occidentaux. J’incline donc à penser que l’établissement d’Abeche doit d’abord être un franco-musulman qui s’orientera aussi rapidement que possible vers un enseignement du second degré. Dans le stade qui suivra, cet enseignement sera sanctionné par un diplôme de la valeur du baccalauréat dans lequel l’étude de l’arabe, de la religion et de la civilisation musulmane aura une place équivalente, sinon supérieure, à celle qu’occupent dans les disciplines métropolitaines, le latin et les civilisations antiques dans le baccalauréat es-lettres, telle langue ou telle civilisation moderne dans le baccalauréat français-langues vivantes. Vous voudrez bien établir avec le nouveau chef du service de l’enseignement du Tchad, sur ces bases successives et avec la progression appropriée, le programme et les documents convenables. * * * D’ores et déjà l’étude des constructions du collège franco-musulman d’Abeche doit être poursuivie sur la base des crédits du plan quadriennal, soit : 120 millions pour les bâtiments et 20 millions pour le matériel que je vous notifierai dès leur approbation ; l’effort important consenti par le FIDES ne sera pas renouvelé et il importe de ne pas le laisser, par négligence ou par lenteur, se prescrire. Mais prétexte ne doit pas être pris des travaux à effectuer pour retarder plus longtemps l’ouverture de cet établissement. Je vous confirme à ce sujet, les instructions contenues dans ma lettre n°851 du 1er octobre dernier. Vous savez le désir que j’éprouve comme vous de voir le collège d’Abeche démarrer aussi rapidement que possible. Nos premières réalisations ne pourront être que simples si, par ailleurs, notre but final peut paraître ambitieux ; pour une phase que j’espère aussi courte que les contingences locales le permettront, l’enseignement arabe et musulman sera greffé sur un enseignement français inspiré du premier degré. Il est certain qu’avec la collaboration confiants du Sultan ALI SILEK les problèmes immédiats d’installation, de recrutement et de logement seront aisément résolus. Je suis sûr que vous saurez coordonner l’activité de chacun pour que cette difficile entreprise prenne enfin corps et devienne à bref délai, avec succès, l’un des éléments prépondérants de notre politique dans ce pays.

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الاستشهاد

طريقة الاستشهاد المقترحة بهذه المادة:

«مذكرة 25 أكتوبر 1951 إلى حاكم تشاد بشأن الكلية الفرنسية الإسلامية بأبشة»، سِجِل، رقم ARC-TD-DOC-000002، المصدر الأصلي: الأرشيف الوطني لما وراء البحار، المرجع: GG AEF 5D 269.
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